| Le Brésil de LULA |
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Le Président LULA va bientôt quitter ses fonctions, il laissera sans nul doute un Brésil plus fort et plus prospère que le Brésil qu’il avait trouvé au début de son premier mandat. Sous sa présidence, le Brésil s’est affirmé comme une économie majeure tout d’abord parmi le concert des pays émergents dénommés BRIC( Brésil, Russie, Inde et Chine), mais surtout comme une nouvelle puissance économique incontournable. La grande crise mondiale l’aura à peine effleurée puisque son taux de croissance qui avait réussi à ne pas être négatif en 2009 devrait être de l’ordre de +4,9% en 2010, en troisième position au niveau mondial après les performances de la Chine et de l’Inde. Il est devenu ainsi une locomotive mondiale.
Le Président LULA aura su surfer sur la crise mondiale en dévaluant au bon moment certes le real, en vue de relancer les exportations et la croissance, mais, sur le long terme, c’est une devise renforcée que le Président laissera car, sur toute sa mandature, le real aura été fortement revalorisé par rapport au dollar et même par rapport à l’euro, puisque si aujourd’hui, il faut 1,74 real pour avoir 1 dollar, il en fallait près de 3,50 quand LULA a pris ses fonctions. Réussir une croissance soutenue avec une devise globalement forte sur le long terme est une prouesse que même la Chine n’a pas su mettre en œuvre. Le Brésil est devenu par sa taille, ses performances, le chef incontesté de toute l’Amérique latine dans le domaine économique, offrant à toutes les économies un message d’espoir. Ainsi, le Brésil fut un des derniers pays à entrer en récession quand la crise des sub-primes s’est abattue sur le monde. Il sera un des premiers à en sortir avec la Chine, ce qui démontre la robustesse de son économie. Non seulement le Brésil est le leader sud américain incontesté, mais ses performances attirent désormais les investisseurs mondiaux, lesquels avaient pourtant abandonné le Brésil quand celui-ci était en proie à l’hyperinflation et avait créé de nouvelles devises pour masquer d’insolentes dévaluations. Le Brésil de LULA a su de plus se réconcilier avec le monde, tout en conservant des relations étroites avec les USA avec qui il partage, entre autres, le développement fulgurant des biocarburants, mais aussi en s’ouvrant sur la Chine qui est devenu un de ses premiers acheteurs de matières premières et de produits agricoles. La Chine est ainsi un vecteur important de la croissance brésilienne, et par là des énormes réserves financières induites par l’explosion des cours mondiaux jusqu’en 2007. Le Président LULA a su d’ailleurs transformer ces réserves en arme anticyclique quand l’économie mondiale est entrée en récession. De nombreuses entreprises brésiliennes sont devenues pendant sa mandature des géants planétaires jouant sans complexe dans la cour des grands.
* Jean-Pierre ESTIVAL Chargé de cours à l'Université, Docteur d'Etat en sciences économiques , Auteur de deux récents ouvrages sur '' Le Marché mondial des ressources, la guerre fait rage'' et sur '' Les nouveaux affrontements économiques entre nations'' ( Ed L' HARMARTTAN)
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