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Brasilia célèbre son 50e anniversaire
au milieu de scandales de corruption
AP Marco Sibaja et Bradley Brooks
Brasilia, qui a été inaugurée le 21 avril 1960 après avoir été bâti en un temps record, célèbre son 50e anniversaire mercredi au milieu de scandales de corruption qui ternissent les célébrations de cette ville unique, décriée ou adulée.
"Si on regarde les 50 dernières années, il y a vraiment de quoi faire la fête. Malheureusement, nous sommes plongés dans la corruption", se désespère David Fleischer, qui travaille à l'université de Brasilia et qui y vit depuis 38 ans.

L'ex-gouverneur de Brasilia, José Arruda, a été mêlé à une sombre histoire de pots-de-vin. "Brasilia est devenue la capitale de la corruption. Ici, 90% de la population travaille pour le gouvernement d'une manière ou d'une autre, ainsi, tout le monde se satisfait de la corruption", se lamente Sergio Ricardo, chauffeur de taxi, 41 ans. Malgré les scandales, la fête va bien avoir lieu.

A la fin de la semaine, des concerts seront organisés sur l'esplanades des ministères, avec en tête d'affiche deux stars de la MPB (musique populaire brésilienne) Daniela Mercury et Milton Nascimento. La venue de stars étrangères comme Madonna ou Paul McCartney a bien été évoquée mais les fonds n'ont pas suivi.
Car Brasilia reste bien une ville à part, qui symbolise à elle seule les utopies urbaines du XXe siècle. Il y a ceux qui la détestent et ceux qui l'adorent, les avis étant souvent tranchés. Certains apprécient son futurisme, sa tranquillité, sa sécurité, bien loin de l'agitation de Rio et de Sao Paulo. D'autres critiquent une ville sans âme, où tout déplacement doit se faire en voiture, avec ses "favelas" misérables, loin du rêve de la ville idéale sans classes sociales imaginée par Oscar Niemeyer.

Mais preuve de sa place dans l'histoire de l'architecture et de l'urbanisme, elle a été classée au patrimoine mondial de l'Unesco dès 1987. Sa construction en plein milieu de la forêt vierge à 1.000km de l'océan Atlantique était destinée à conquérir l'intérieur de ce gigantesque pays, où la population habite principalement sur les côtes. Le chantier de Brasilia a atteint tous les records: à peine 41 mois de travaux, avec des ouvriers travaillant 24h/24 dans des conditions très difficiles. Elle devait être prête à temps, Juscelino Kubitschek, le président du Brésil, avait promis aux Brésiliens de réaliser "50 ans de progrès en cinq ans".
Puis, après son inauguration, il a fallu convaincre les diplomates étrangers et les agents gouvernementaux de quitter Rio de Janeiro et ses plages de Copacabana et d'Ipanema pour regagner cette ville située au milieu du Mato Grosso, à 1.000m d'altitude, longtemps infectée de moustiques. Mais preuve de son succès, elle est aujourd'hui peuplée par deux millions de Brésiliens, alors qu'elle avait été conçue pour 600.000 habitants. AP http://ambafrance-br.org/france_bresil/spip.php?article891
Autres sites pour la commemoration du 50ème Anniversaire de Brasilia :
http://www.brasilia50anos.com.brphotos /
Photos “RÉFLEXIONS Brasiliennes” Opus 4 Copyright 2010 MARCUS BRANDAO www.marcusbrandao.fr
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