Maria Bonomi
Le 16 mai jusqu'au 15/09à Paris 75007 ( La Maison de l'Amérique latine 217, Boulevard Saint-Germain )
L'une des plus belles figures de la création au Brésil
Depuis une cinquantaine d’années, Maria Bonomi occupe une place majeure sur la scène artistique brésilienne conférée notamment par sa maîtrise inégalée de la gravure sur bois. Ses œuvres, toutes en tensions et vibrations, souvent de très grande dimension, dégagent une force rare, tant par la puissance des incisions que par l’usage de la couleur.
Maria Bonomi qui excelle dans la coupe et l’entaille, se plaît également à activer ses sillons sur d’autres matériaux que le bois, donnant naissance à des œuvres qui débordent de beaucoup les limites de la gravure, telles qu’on les conçoit habituellement. Ainsi, elle peut passer de grandes impressions sur papier à des panneaux de ciment ou de métal de plusieurs mètres carrés. De nombreuses commandes publiques (métro de São Paulo, Estação da Luz, Memorial da América Latina, Palais du Gouvernement de l’État de São Paulo) ou privées (Maksoud Plaza, façade de l’édifice Jorge Rizkallah, Banco Exterior de España à Santiago du Chili) en sont les témoins insignes.
Toujours à partir des mêmes principes, elle invente de remarquables sculptures en métal, de surprenantes installations ou des décors de théâtre.
Née en 1935 à Meina près de Milan, Maria Bonomi quitte en 1946 avec sa famille l’Italie pour le Brésil et s’installe à São Paulo. Elle y suit une formation en peinture avec Yolando Mohaíyi et Karl Platter tandis que la gravure sur bois lui sera enseignée en 1954 par Livio Abramo. En 1957, à New York, lors de son passage à la Columbia University, elle découvre la vigueur de l’expressionnisme abstrait alors en plein essor. Son travail y gagnera en force et liberté d’expression.
De retour au Brésil, elle fréquente l’atelier de gravure sur métal de Johny Friedlander, installé au Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro, et fonde avec Livio Abramo, l’Estúdio Gravura à São Paulo. Les activités de cet atelier cessent en 1964 au moment où le Brésil entre dans une période politique difficile et plongera dans une dictature militaire jusqu’en 1985. Les gravures de Maria Bonomi acquièrent durant cette époque une teneur dramatique intense ; celle-ci faisant partie de ces artistes qui, pendant les années de plomb, se sont fortement opposés à la suppression des libertés.
A partir de 1970, elle pratique la sculpture, travaille le bois, le béton, réalise davantage d’œuvres monumentales et s’intéresse de plus en plus à l’art public. La découverte de l’art chinois et asiatique en général, la défense de l’environnement, l’intérêt pour l’architecture moderne et ses applications sociales vont déterminer le développement de sa carrière.
Mais aujourd’hui plus qu’autrefois, sa production incorpore un hédonisme plaisant, parfois d’humeur joyeuse, bien qu’elle ne perde jamais son sens critique, essentiel et constant. Elle se soucie de la sensibilité féminine ou des révoltes d’aujourd’hui. Elle découvre que le sillon peut se déployer en sculptures aériennes.
Commissaire : Jorge Coli
Du mercredi 16 mai 2012 au samedi 15 septembre 2012 de 10h00 à 20h00 du lundi au vendredi, samedi de 14h à 18h
http://www.mal217.org/

