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Patrícia Galvão (Pagu), "Matérialisme & zones érogènes (Autobiographie précoce)"

Patrícia Galvão (Pagu), "Matérialisme & zones érogènes (Autobiographie précoce)"

Traduction du portugais (Brésil), avant-propos, glossaire & chronologie par Antoine Chareyre

Le Temps des Cerises (Montreuil), coll. "Récits des libertés", 2019 - 14×19,5cm, 201p., 15€ - en librairie le 7 mars

Voici l’autobiographie précoce d’une étonnante révolutionnaire, la fameuse Pagu, qui rédigea cette lettre-confession en 1940, après quatre années passées dans les geôles de la dictature. Elle y fait le bilan méticuleux, critique et sans concession, de ses trente années d’existence et tout particulièrement de son engagement communiste, un parcours politique fulgurant et erratique. Mais tout en évoquant les espoirs, périls et déceptions de la lutte clandestine, son récit aborde de front, à partir d’une expérience à la fois singulière et exemplaire, la question de la condition féminine sous tous ses aspects.
Ce témoignage inestimable, d’autant plus sincère et radical qu’il n’était pas destiné à la publication, n’a été révélé au Brésil qu’en 2005, venant conforter une légende déjà bien établie. Au-delà de l’anecdote et du contexte proprement brésilien, il conjugue, dans une écriture intime et poignante, une réflexion sur les possibilités de transformation sociale et un autoportrait viscéralement féministe. Ce sont aussi les coulisses, sombres et tragiques, du roman "Parc industriel" déjà disponible en français aux éditions Le Temps des Cerises.

Patrícia Galvão (1910-1962), dite Pagu, grandit à São Paulo où elle rejoint le groupe de la "Revista de Antropofagia" (1928-1929), dernière manifestation du modernisme brésilien. Elle y rencontre l’écrivain Oswald de Andrade, qu’elle épouse et dont elle a un enfant, et se lance avec lui dans le militantisme d’extrême gauche au lendemain du coup d’État de 1930, d’abord en publiant le journal politico-satirique "O Homem do Povo" (1931). Membre turbulent du Parti communiste, première femme à connaître la prison pour motifs politiques dans l’histoire du Brésil (dès 1931), elle se consacre corps et âme à la cause révolutionnaire et publie sous pseudonyme "Parque industrial" (1933), premier roman prolétarien apparu au Brésil. Arrêtée en 1936, au lendemain d’une révolution communiste manquée, elle passe quatre années en prison, aux pires heures de l’ère Vargas. À partir de 1940, elle se consacre notamment à sa carrière dans le journalisme.

Inédit en français

Ouvrage publié avec le soutien du Ministère de la Culture du Brésil / Fondation Bibliothèque Nationale

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De la même auteure, par le même traducteur & chez le même éditeur:

"Parc industriel (roman prolétaire)"
préface de Liliane Giraudon
coll. "Romans des libertés", 2015